Ce qu'un acheteur doit retenir en trente secondes
Husqvarna ne vient pas d'annoncer un nouvel Automower à 799 €. Son dirigeant a indiqué qu'un prix d'entrée proche de 1 000 € devrait probablement être abaissé, sans vouloir affronter les modèles vendus sous 500 €. La marque cherche donc un nouvel équilibre : être plus accessible sans abandonner son positionnement premium.
Pour les particuliers, c'est une orientation intéressante, mais elle ne permet ni de prévoir une date de lancement ni de recommander d'attendre un produit encore inconnu.
Pourquoi Husqvarna ne peut plus seulement compter sur sa réputation
La marque suédoise a construit sa réputation avec les Automower, la qualité de ses réseaux de distribution et son expérience du fonctionnement autonome. Mais les critères de comparaison ont changé. Beaucoup d'acheteurs découvrent désormais le robot tondeuse par une vidéo de démonstration, une recherche Google ou une marketplace, et non plus exclusivement chez un revendeur spécialisé.
Le consommateur compare d'abord ce qu'il voit : installation sans câble, cartographie, détection d'obstacles, application mobile et prix. L'entretien sur plusieurs saisons, les pièces de rechange ou la capacité du robot à reprendre sa tâche après une erreur comptent pourtant tout autant. C'est précisément sur ces points qu'une marque historique peut encore se différencier — à condition de le démontrer.
Selon Reuters, Husqvarna conserve une position plus solide dans son réseau de revendeurs traditionnels, mais subit davantage la concurrence en magasin et sur Internet. Cela explique pourquoi une réponse tarifaire pourrait aussi s'accompagner d'une évolution des circuits de vente.
Comparer les promesses plutôt que les logos
Sur une petite pelouse rectangulaire, la simplicité et le prix peuvent primer. Sur un terrain complexe, il faut surtout évaluer la précision de navigation et la capacité à terminer la tonte sans intervention.
Pour situer les offres, Husqvarna conserve l'avantage d'une longue expérience et d'un réseau de revendeurs établi. Mammotion met notamment en avant ses gammes sans câble et ses fonctions avancées de navigation ; Segway Navimow s'est imposé sur les solutions sans fil destinées au grand public ; Dreame et MOVA ont popularisé des approches reposant notamment sur le LiDAR selon les gammes. Ce sont des orientations de catalogue, pas un classement de fiabilité : les performances varient fortement d'un modèle à l'autre.
Un comparatif sérieux doit donc retenir un modèle précis, son prix réellement constaté à la même date et des mesures comparables : superficie effectivement couverte, nombre d'interventions, qualité des bordures, évitement d'obstacles, temps de recharge et assistance après-vente. Sans ces données, annoncer que l'une des marques est « meilleure » serait trompeur.
À quoi devrait ressembler un Automower moins cher pour être convaincant ?
Le prix ne sera qu'une partie de l'équation. Un futur modèle plus abordable devrait offrir une installation compréhensible sans intervention obligatoire d'un professionnel pour les jardins simples, une navigation suffisamment fiable, une gestion claire des zones interdites et une application qui ne complique pas les opérations courantes.
Il faudra aussi regarder des éléments moins spectaculaires : coût des lames, entretien, réparabilité, fréquence des blocages, disponibilité du service après-vente et comportement sur une pelouse humide ou irrégulière. Un appareil moins cher à l'achat peut revenir plus cher si les interventions ou accessoires se multiplient.
À l'inverse, un modèle premium n'est pas automatiquement préférable sur une petite surface rectangulaire. Le bon robot est celui qui résout les contraintes réelles du jardin, pas celui qui cumule le plus de fonctions.
La question de l'usine : pourquoi produire en République tchèque ?
Le transfert d'une partie de la production depuis le Royaume-Uni vers la République tchèque est présenté comme une mesure de réduction des coûts. Reuters indique que le mouvement, achevé cet automne, a affecté environ 50 postes britanniques. Ce choix industriel ne préjuge pas de la qualité d'un modèle : celle-ci dépend des exigences de conception, de fabrication et de contrôle.
Le groupe étudie également une production accrue en Asie. Mais fabriquer plus loin peut créer d'autres dépenses, notamment le transport, les délais et les stocks. Le gain n'est donc pas automatique. Et l'annonce séparée concernant certains outils portatifs à batterie ne doit pas être confondue avec un transfert déjà décidé de tous les robots tondeuses.
Les résultats du troisième trimestre 2026 expliquent-ils la pression sur Husqvarna ?
Les chiffres publiés par Husqvarna le 21 octobre apportent un contexte utile : le chiffre d'affaires du groupe atteint 9,012 milliards de couronnes suédoises au troisième trimestre, soit une baisse organique de 5 %. Le résultat opérationnel publié est négatif, à -334 millions de couronnes, contre un bénéfice de 141 millions un an plus tôt. Hors éléments affectant la comparabilité, il s’établit à -246 millions : ces deux indicateurs ne doivent pas être confondus. Ces chiffres concernent l'ensemble du groupe, et non uniquement les robots tondeuses.
Pour l'activité robotique, la direction cite trois facteurs simultanés : une météo défavorable à la tonte, notamment la sécheresse européenne ; une concurrence plus intense ; et des stocks encore élevés chez les distributeurs européens. Il serait donc trompeur d'attribuer toute la baisse aux fabricants chinois. À l'inverse, la météo ne suffit pas à expliquer la pression durable sur les prix et les parts de marché.
Le groupe annonce également environ 935 millions de couronnes d'économies cumulées dans son programme de réduction des coûts. Cette stratégie peut améliorer sa compétitivité, mais elle ne prouve pas qu'un Automower précis sera vendu moins cher demain. Source : rapport Husqvarna janvier–septembre 2026.
Et l'enquête antidumping européenne dans tout cela ?
Les deux actualités sont liées au contexte concurrentiel, mais ne doivent pas être mélangées. D'un côté, Husqvarna réfléchit à ses prix et à ses coûts industriels. De l'autre, l'Union européenne examine des allégations de dumping concernant des robots tondeuses originaires de Chine. Le dirigeant a indiqué à Reuters que le groupe pouvait être compétitif même sans droits supplémentaires.
La procédure européenne n'a pas encore abouti à une décision définitive annoncée. Notre dossier sur l'enquête antidumping détaille le calendrier et les conséquences possibles pour les acheteurs.
Attendre les annonces 2027 ou acheter un robot disponible ?
Si vous avez déjà un robot satisfaisant, attendre une présentation officielle est une option logique. Si vous devez remplacer une machine en panne ou équiper un jardin dès le printemps, mieux vaut comparer les appareils réellement disponibles et testés.
Sur LeBonRobot, nous privilégions les mesures et les limites observées en conditions réelles. Vous pouvez notamment consulter notre essai terrain du TerraMow V1000 pour voir le type de données concrètes qui permettent de dépasser les arguments publicitaires, ainsi que le comparatif général pour orienter le choix.
Questions fréquentes
Husqvarna a-t-il annoncé un robot à moins de 1 000 € ?
Non. Le dirigeant a évoqué cette possibilité, sans annoncer de modèle ni de tarif officiel.
Les Automower actuels vont-ils tous baisser ?
Aucune baisse générale n'a été confirmée.
La production sera-t-elle déplacée en Chine ?
Reuters évoque une réflexion sur une production accrue en Asie, sans décision confirmée sur un pays précis.